mardi, juillet 16, 2019
Santé

PrediLife : Quand un logiciel expert prédit les maladies graves

Jeune femme médecin parlant avec sa patiente

Fondée en 2004, la société PrediLife prend un nouvel élan cette année, grâce à sa fraîche introduction en bourse. Que propose la start-up francilienne qu’implique son existence sur le marché de la santé publique ?

A l’origine, elle répondait au nom de « StatLife ». Créée par l’ingénieur Stéphane Ragusa dans le cadre de la loi de 1999 sur l’innovation et la recherche, la société StatLife s’est finalement transformée en « PrediLife » en octobre 2018, dans l’espoir de véhiculer un message encore plus clair quant à la mission dont elle s’est investie. PrediLife, c’est une start-up implantée dans la commune de Villejuif, en région Ile-de-France. Spécialisée dans les statistiques ainsi que le data-mining, comprenez « l’exploration de données », PrediLife s’applique à faire évoluer la prise en charge des maladies graves. Et pour cause, elle entend prédire les maladies dans le but d’adapter le suivi et personnaliser le traitement selon les besoins du patient. En plein dans l’ère de la « médecine 4P », PrediLife vise à anticiper avant de soigner. Uns start-up qui s’annonce aussi prometteuse que Vet-Trade.

La médecine 4P, c’est quoi ?

Le concept de médecine 4P, c’est la notion d’une médecine personnalisée qui suit les principes suivants : prévention, prédiction, personnalisation et participation, qui correspondent au fameux « 4P ». La médecine 4P entend faire obstacle à la survenue des problèmes de santé, déceler les pathologies bien plus tôt qu’elles le sont actuellement, adapter la prise en charge et le traitement à chacun des patients concernés et, enfin, laisser la personne malade prendre part aux décisions qui le concernent. Finalement, la médecine 4P vise à « prévenir pour mieux guérir », et c’est sur ces mêmes notions que repose la société PrediLife.

Le cancer du sein dans le viseur

Si PrediLife compte bien étendre son dispositif aux autres pathologies telles que le cancer des poumons, du colon et de la prostate, c’est le cancer du sein qui se trouve actuellement dans le viseur de la start-up. Avec sa première solution de prédiction médicale développée par l’institut Gustave-Roussy et la Breast Cancer Surveillance Consortium (BSCS), MammoRisk, l’équipe d’experts permet aux femmes âgées de plus de 40 ans de prendre connaissance du taux de risque de contracter un cancer du sein dans les cinq années à suivre et, ainsi, d’accéder à un programme de suivi personnalisé. Pour Stéphane Ragusa, PDF de PrediLife, il s’agit de « prédire le cancer comme on prédit aujourd’hui l’infarctus ».

Pour ce faire, le logiciel MammoRisk, testé sur plus d’un million de femmes américaines et près de 350 000 Françaises, se charge de vérifier les différents facteurs de risque chez les femmes de plus de 40 ans : les données cliniques, comme les antécédents de biopsie mammaire, sont passées au peigne fin, la densité mammaire est mesurée et un « scoring » génétique permettant d’établir des statistiques par rapport aux antécédents familiaux et à l’âge de la patiente est effectué. Le test MammoRisk a reçu la validation de la FDA américaine, la « Food and Drug Administration » permettant de contrôler les produits alimentaires et médicamenteux du marché, et le marquage CE de l’Union européenne, qui permet la libre circulation du dispositif.

Une levée de fonds essentielle

Si le test MammoRisk est déjà commercialisé depuis 2017 en Europe et aux Etats-Unis, la société PrediLife aspire à aller encore plus loin et à faire évoluer au plus vite son dispositif médical. Vendu 300 euros aux centres hospitaliers ainsi qu’aux cliniques, le test MammoRisk n’est, à ce jour, pas encore remboursable. Dans l’espoir de financer les différentes dépenses inhérentes au projet, d’organiser son déploiement commercial en France, de pallier le coût des prêts contractés à la Bpifrance, de développer les programmes de recherche et d’accélérer son expansion, PrediLife s’est tout récemment introduit à la Bourse de Paris. Si les dirigeants de PrediLife estiment la levée de fonds à hauteur de 5,3 millions, ils espèrent monter à 8,1 millions.