lundi, mars 25, 2019
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Les amazones du Zimbabwe : Des guerrières modernes contre le braconnage

Elephants groupe au Zimbabwe

La lutte contre le braconnage a pris un nouveau tournant. Depuis 2017, le Zimbabwe s’est équipé d’une petite armée de rangers composée uniquement de femmes pour lutter contre les méfaits des nombreux braconniers. Zoom sur ces amazones modernes venues d’Afrique.

L’Afrique et le braconnage en chiffres

Le pays d’Afrique australe qu’est le Zimbabwe souffre, au même titre que ses voisins, des conséquences d’une chasse illégale à la corne d’ivoire depuis plusieurs années. Les chiffres s’imposent comme des preuves irréfutables de ce fléau. Depuis 2001, le Zimbabwe a vu sa population de pachydermes diminuer de 40 %, ce qui représente la disparition de près de 11 000 éléphants. En 2017, plus de 1000 rhinocéros ont été en proie au braconnage en Afrique du Sud.

Une lutte féminine lourde de sens

Des rhinocéros mutilés gisant au sol aux éléphants apeurés démunis de certains de leurs attributs : l’image que laissent les braconniers derrière eux n’en fini pas de révolter les défenseurs de la nature et les populations environnantes. Si diverses actions ont été engagées au fil des années pour lutter contre le braconnage au Zimbabwe, comme notamment l’action de décorner 700 rhinocéros pour éviter le trafic et l’engagement de plusieurs groupes de rangers pour surveiller et intervenir, le marché noir se veut toujours florissant. Par ailleurs, il faut savoir que le Zimbabwe, un pays occupant la 156e place sur 188 dans le classement des Nations unies, c’est un taux de chômage supérieur à 80 % et c’est 72 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté national.

Toutes ces informations confondues n’ont pas manqué de conforter un certain Damien Mander dans son idée. A la fin de l’année 2017, cet ancien tireur d’élite au sein de l’armée australienne s’est décidé à réunir des femmes au lourd passé pour constituer un groupe armé chargé de lutter contre le braconnage. « 36 femmes ont participé à notre formation, inspirée de l’entraînement des forces spéciales », a-t-il indiqué au média francetvinfo.fr.

A l’initiative de Damien Mander et de la Fondation internationale de lutte contre le braconnage (IAPF), l’unité spéciale répond au nom d’Akashinga, qui signifie « les courageuses ». Et ce n’est pas peu dire : « Nous travaillons avec de jeunes femmes très vulnérables et très meurtries », a indiqué Victor Muposhi, le conservateur de la réserve de Phundundu que surveilles les « Amazones », au média francetvinfo.fr. Véritables guerrières, ces rangers se sont également vues habillées d’un surnom qui leur sied à ravir, celui des “Amazones du Zimbabwe”.

Les communautés locales privilégiées

« Si tu éduques un homme, tu éduques une personne individuelle. Si tu éduques une femme, tu éduques une nation », a confié Damien Marier. Mais l’idée de privilégier la gent féminine pour constituer l’unité n’a pas été le seul facteur de choix. Pour repenser le combat à l’encontre des braconniers du secteur, les initiateurs du projet ont choisi non seulement d’impliquer les communautés locales, mais également, et surtout, des femmes sans emploi, veuves, abandonnées ou bien victimes d’abus sexuels. Le parc de Phundundu est ainsi devenue la première réserve au monde a être tenue et protégée par une unité de rangers féminines. La réserve de Phundundu, au Zimbabwe, c’est près de 350 000 hectares de terres à surveiller. Par ailleurs, les dépenses consacrées à l’opération, profitent directement à l’économie locale. Depuis début de l’opération, fin 2017, près de 60 arrestations ont été réalisées et plusieurs réseaux ont été rapidement démantelés.